A Cindy et Fabien


A l'occasion de leur mariage


Le grand jour est arrivé !                           

Un an de préparation

De stress et de pression.

Tout a été cadré,

Du couteau à la robe,

Mûrement réfléchi.

Cindy,

Tu  peux enfin décompresser

Tu as bien fait le job.

20sur 20 du jury.

 

Ce mariage marque la fin

De la saison 1

De votre histoire d’amour

Elle a duré 16 ans

Pratiquement jour pour jour.

L’anniversaire d’Audrey

En fût le commencement,

Pour tout dire la genèse.

C’était le 27 juillet

De l’an quatre vingt seize…

Audrey ? C’est  la copine,

La copine de chambrée

Du Lycée Val Moré.

 

Ah ! Ça devait bien  rigoler

Et pas mal papoter

Dans les cours, la cantine…

Et j’vous dis pas les sorties

De certains mercredis !

Imaginez la scène :

La Cindy et Audrey

Dans les rues de Bar sur Seine…

Que pouvaient-elles y faire ?

Laissons-leur ce secret,

Entretenons le mystère…

 

Oui, c’est grâce à Audrey,

La camarade de classe,

Qu’ils ont fait connaissance.

Dans la cabane de chasse

Près du terrain d’Amance

Pourtant  en juillet,

D’après mémère Gilberte,

La chasse n’est pas ouverte !

Faut dire qu’le bord de l’eau

Ça lui monte au  cerveau…

 

E

t puis Pépère Cahute

Voyait-il d’un  bon œil

Qu’ainsi  une bande de jeunes

Lâchés en bambochade

Fassent les fous et chahutent

A deux pas de son stade ?

 

Bah ! Une glace à la vanille

Et un bon « mon pépère »

L’affaire était réglée.

A sa première p’tite fille,

Le trop gentil grand père

Savait rien refuser.

 

Cindy, cœur de gitane ?

Un peu romanichelle ?

Elle aime les caravanes…

Y’a eu celle de Beluche,

La maison d’ses peluches,

Et puis celle de Simone,

Amie d’pépère Michel.

Sa maison de garçonne…

 

Qu’est-il venu y faire

Le beau et jeune Fabien

Le lendemain vingt huit ?

Un rendez-vous d’affaire ?

Ach’ter son premier bien

Ou y cuver… sa cuite ?

 

L’histoire n’est pas très claire,

Les témoignages discordent…

Et qu’ont-ils fait de Max

Le chien à sa mémère ?

Tout seul au bout d’une corde ?

Francine  d’vait être furax !

 

Et tient, pendant qu’j’y suis

Encore une autre question :

C’est quoi cette histoire de lac

A Saint Pierre  d’Albigny ?

Faut arrêter le cognac

Ça fait perdre raison…

 

Remarquez,  lac, prison,

Ce n’est jamais en fait

Qu’une histoire  de plongeons…

Demandez à sœurette

Pour plus de précision.

Elle  donnera  sa version.

 

De leurs quatre saisons

Ils n’en sont qu’au printemps,

Mais un printemps fécond !

Pas moins de deux maisons

Et surtout une enfant.

Une jolie sirène

Qui fait fondre son  père…

Pour ça, la petite  reine,

Elle sait très bien y faire…


A

vec ce mariage

Ils passent à l’heure d’été.

Quand les fruits sont formés

Faut qu’ils avancent en âge.

Mais à y réfléchir,

C’est peut-être un moyen

Pour Cindy et Fabien

Finalement d’ rajeunir…

 

Eh oui ! Dans la mairie

Un vieux couple est entré

Et c’est deux jeunes mariés

Qui en sont ressortis !

Si ce n’est pas d’la magie…

 

Bercée dans un camion

Plutôt qu’un rocking-chair,

Cindy la fonceuse

Assumera sa passion :

Sur les traces de son père,

Elle deviendra chauffeuse.

 

Chauffeuse à temps partiel…

Si vous croisez un trente tonnes

Qui paraît sans chauffeur,

Surtout n’ayez pas peur,

C’est Cindy qui cramponne

Un volant  plus grand qu’elle !

Un petit gabarit

Mais beaucoup d’énergie !


Fabien, c’est l’bricoleur,

Le grand restaurateur.

Les deux mains dans l’mortier

Il s’lance à Morvilliers

Et exprime ses talents.

Puis c’est Maison des  Champs

La maison du coup d’cœur,

La maison du bonheur…

 

Mais leur plus bel ouvrage,

Ils l’ont déjà construit.

C’est bien sûr une famille.

Manquait qu’la signature…

Maintenant, par le mariage

Ils sont femme et mari

A la grande joie d’leur fille…

En route pour le futur !

 

Mais attention les amoureux

Les sept jours de réflexion

Il n’en est plus question !

Alors, prêts pour la saison  2?

 

Ce soir, c’est votre amour

Qu’ensemble nous honorons.

Tous nos vœux de bonheur,

Que votre été soit long 

Et… Vive les jeunes  mariés !

 

le 28 juillet 2012

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ven.

28

juil.

2023

J'irai courir sur vos tombes

 

Et but ! ». 

 

Ainsi parlait Daniel, d’une voix aussi puissante que l’était son pointu, quand, d’un tir ravageur, il venait de marquer.

Celle-ci résonne encore dans la rue Saint-Martin comme un écho sans fin renvoyé par les murs de l’église séculaire.

 

Zut ! Trompé par Bimbo ! Vévé, qui se vantait d’égaler Formici, gardien emblématique du grand Troyes Aube Football, en était dépité.

 

Daniel, il faut le dire, était un grand gaillard, pas vraiment cérébral, mais reçu au certif, dont la force égalait sa surcharge pondérale. Ses presque 100 kilos, un tissu adipeux bien supérieur aux normes, lui valurent ce surnom au sens éléphantesque. Au demeurant gentil.

 

Il arrivait parfois qu’on lui lance un défi : le tour de La Ville aux Bois - ce hameau haut perché qui devint Amançois en 1825 - dans une course à vélo.

 

Cinq kilomètres de course avec une pente moyenne de presque 5 %, pour mettre en appétit, et quelques courts passages à près de 12 % !

Sur la ligne de départ, trois, quatre vélos classiques, munis de dérailleurs, et notre ami Bimbo chevauchant une vieille Bleue, un deux-roues délesté de son précieux moteur. Malgré le handicap lié à sa monture - à peine 3m 50 à chaque tour de pédale - Daniel, dans la montée, parvenait à nous suivre, faisant même jeu égal, car le braquet unique de sa bécane spéciale était mieux adapté aux traîtres raidillons qui marquaient le parcours. La masse de la machine semblait bien peu de chose sous la musculature du redoutable athlète. À partir de l’église, il finissait quand même par céder du terrain. Le développement cette fois devenait une entrave et Daniel, ahanant, dépassait l’édifice sans le moindre regard sur ce joyau roman daté du 12 ème siècle, l’église de l’Assomption.

 

Cette église paroissiale au plan rectangulaire cache de nombreux trésors que nous étions, sans doute, nombreux à ignorer. Car lequel d’entre nous avait seulement franchi son porche en pan de bois et pénétré le lieu ?

 

Sur le sol de sa nef, recouvert de tomettes, un chevalier en armes, Messire de Rochetailler, et sa dame Damoncourt, dévoilent leurs armoiries sur  le calcaire luisant d’une grande dalle funéraire. Écoute, cher visiteur, les voix évanescentes de leur esprit rodeur, murmurer aux oreilles leurs histoires de famille ! Ils parlent de leurs bonheurs, de leurs peines, de leurs larmes.

 

Deux autres pierres tombales, celles d’Antoine de Mertus et de Gaspard de Pons, vous invitent discrètement à remonter le temps des chevaliers-seigneurs qui édictaient des lois et rendaient la justice.

 

Sur les murs dévoués à la sobriété, des statuettes en bois peint. Sainte Catherine, saint Eloi ; saint Sébastien, martyr, le torse percé de flèches, saint Nicolas de Myre, les trois doigts étendus au dessus du tonneau, invitent à la piété.

 

Sur sa « bicyclette » bleue, Daniel, très à la peine,  inspirait la pitié. Il vivait sur l’asphalte un autre chemin de croix. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Daniel courbait l’échine mais ne s’avouait vaincu et restait bien visible dans nos rétroviseurs.

Il n’est de bête blessée qui ne trouve les ressources pour un ultime combat. Et passée la grande ferme, dite de l’ancien château, la pente devenait douce. Un faux plat salvateur pour le sérieux coup de pompe que connaissait Daniel.

 

Nous virions à la mare très largement en tête. La promesse d’une descente nous redonnait des jambes. La descente, 6% en moyenne, les premiers hectomètres à près de 15% !

Hélas, nos développements montraient vite leurs limites. Passé un certain rythme, relancer nos vélos devenait impossible. Notre accélération n’obéissait cette fois qu’à la seule pesanteur et pas à nos mollets. Sur ce terrain encore, notre pesant Bimbo et sa lourde machine avaient alors sur nous un précieux avantage. Et plus Daniel fonçait, plus notre avance fondait !

Heureusement la côte n’était pas des plus longues et nous pouvions atteindre la 443 avec un peu d’avance. Un axe très fréquenté qui était à l’époque le passage obligé, du moins le préféré, des vacanciers du nord. Belges et Néerlandais passaient ici en nombre pour rejoindre, à Ablis, l’autoroute du soleil. Nous devions sur cette route, rester très vigilants.

 

C’est ainsi que Daniel, de montées en descentes, de descentes en faux plats, sans jamais nous rejoindre, jouait à l’élastique, pour n’avoir sur la ligne, qu’un hectomètre ou deux de retard sur nos cycles. S’il n’en avait conscience, Daniel réalisait un véritable exploit.

 

« Et but ! »

C’est dans l’eau qu’il fallait récupérer la balle.

Mais comment aurait-il pu en être autrement sur ce quadrilatère aux limites naturelles constituées par l’Amance et le « ru de la honte », le ru des polémiques, que d’aucuns accusaient d’être le pot de chambre de gens indélicats.

 

Nous courions sans vergogne, et sans nous émouvoir,  sur l’aire abandonnée, pour des raisons d’espace et de santé publique, du cimetière paroissial où jadis reposaient notables et bons chrétiens. Au chevet de l’église, comme il était d’usage. Et même si de longtemps leurs derniers ossements avaient été levés, placés en fosse commune dans le nouveau cimetière, leurs esprits rodaient là, dans cet espace sacré que nous venions troubler.

 

« Et but ! »

Quand le royaume des ombres se laissait envahir par des rois insolents, le cimetière d’autrefois revenait à la vie et sa terre, en jachère, devenait pépinière de modestes talents.

Francis, Philippe, Bimbo ; Daniel, Fernand, Nanard ; Michel, Jean-Jacques, Bidule ; Jean-Luc , Dany et Serge ; Alain, Jean-Paul, Philippe, nous étions dix et cinq, nous étions une quinzaine qui, après le turbin, débarquions au cimetière pour le grand festival des soirées estivales.

Roulettes et passements d’jambes, grand pont, double contact ! Un festival de « cannes » sur une scène macabre.

 

Deux pulls et deux chemises et nous avions les buts. Quatre pieds qui se rapprochent et le premier d’entre eux qui parvenait à mordre sur les orteils de l’autre, choisissait, un à un, les membres de son équipe.

 

Les niveaux, avouons-le, étaient des plus divers, des acteurs confirmés, licenciés dans des clubs, jusqu’aux simples figurants qui apportaient le nombre. Mais l’envie et la joie étaient bien partagées. Et tout naturellement, Formici, Zorzetto et autres Pleimelding, les nouvelles stars d’une Aube sortie du crépuscule, devenaient les modèles qu’on rêvait d’imiter.

 

Les filles nous regardaient. Supportrices excitées, elles encourageaient l’un, criaient le nom de l’autre. Et sans doute, nos parades étaient-elles décuplées par l’idée qu’une d’entre elles serait peut-être sensible à nos prouesses techniques. Si elle ne l’était par nos charmes athlétiques !

 

S’en revenant du bois, Dany, le bûcheron, apparut un beau jour muni de quelques perches. Deux rectangles de bois d’une longueur de 4 mètres se trouvèrent face à face, plantés dans le sol dur.

Les pulls et les chemises retrouvèrent leurs mannequins.

Ces limites dans l’espace mettaient enfin un terme aux discussions stériles sur la validité de tel ou autre but.

Dès lors, notre Vévé devenait le phénix et l’hôte de ces bois.

Quand les charmes tremblaient sous un tir appuyé, la reprise de volée d’un Bimbo ou d’un Liard, les filles se gondolaient. Elles espéraient, sans doute, l’envolée des bois verts ! Histoire de s’amuser.

Mais les traverses tenaient.

 

Nous jouions bien ou mal, mais nous jouions heureux ! La passion était là. La fatigue quotidienne de ceux qui travaillaient, disparaissait. D’un coup. Comme par enchantement.

 

Il en était ainsi chaque soirée estivale. Au sortir du travail ou au retour des champs, nous nous retrouvions là.

Jusqu’à « l’heure de la soupe ».

 

Derrière les contreforts de l’église Saint-Martin, il arrivait parfois qu’un espion vienne nous voir. Tatave, Jean-Pierre ou Jacques.

Chacun, évidemment, encourageait les siens mais dans leur tête une graine, une précieuse radicule, se développait déjà. Cette idée que, peut-être, notre village d’Amance pourrait franchir le pas et permettre à ses « stars » de chausser, pour de bon, des crampons officiels.

 

L’idée fit son chemin.

 

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ven.

23

juin

2017

La pensée du jour

Toute musique qui ne peint rien n'est que du bruit.

[ Jean le Rond d'Alembert ] - Discours préliminaire à l'Encyclopédie

 

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