Oh, Gaby !

A Gabrielle Cosson, pour son départ à Reims

 

H

onnêtement, quand elle me mit,

Dans la confidence, dès décembre,

De sa demande de mutation,

Je me suis vraiment demandé

Si c’était du lard… ou du Cosson !

 

 

Aujourd’hui, son départ

N’est pas encore officiel

Mais bientôt, nous le savons,

Il deviendra réel.

Alors ce soir, tous ensemble,

Nous pouvons déchanter

Oui, Gaby, c’est fini !

 

Si le collège de Marigny,

Fût le théâtre de ses débuts,

Notre Villeneuve aura été,

Pendant ces douze années,

Son domaine de définitions.

Dommage, qu’il ne fût infini

Et que, dans nos murs, sa fonction

Ne fût point continue.

 

Franchise, bonne humeur, joie de vivre,

Une équation sans inconnue.

Jamais elle n’a semé la division,

Jamais, devant les responsabilités,

Elle n’a choisi la soustraction.

D’ailleurs, à soustraire

Elle a toujours préféré… distraire.

 

 

Gaby,

Toi qui n’aime que le beau

Que ne restes-tu ici ?

Ailleurs, espères-tu vraiment

Trouver d’autres Adonis ?

Un  Chevalier, enfin servant,

Un jeune David, plus nouvelle vague ?

Ou bien encore, un  Angelot

Qui te cuisine la pastenague ?

 

Oui, ne vous en déplaise,

Elle apprécie la laie,

Cet animal fétiche

Des pures ardennaises,

Mais déteste le laid.

Elle le trouve négatif.

N’a-t-elle pas  toujours affirmé,

Qu’hideux égal moins un ?

Oui, ça vous laisse… perplexe…

On le serait à moins

Mais les nombres complexes

M’ont toujours inspiré.

 

 

O

n aimerait aujourd’hui

Appuyer sur reset,

Et refaire  la partie.

Mais ni demain ni autre jour

Elle ne fera un autre set.

La spécialiste du smash

A joué sa balle de match.

Elle animera d’autres cours.

 

Adieu les p’tites sorties

Dans les studios d’enregistrement

Adieu les p’tites causeries

Ou les parties de french cancan

Fini la mère Gaby

Dans les couloirs des bâtiments.

Ca va pleurer dans les chaumières

De nos élèves et leurs parents

Hélas, il leur faudra s’y faire…

 

Mais cela ne date pas d’hier.

Le ver était là, dans le fruit ;

Et quand le fruit n’est plus vraiment vert

Il ne faut pas s’étonner qu’il tombe.

C’est peut-être de  Marie Curie

Que se tramait, dans l’ombre,

Son éloignement de l’écurie ?

 

 

Ton départ, chère Gaby,

Fera  des mécontents.

Tes collègues, qui, en récompense,

Vont perdre une bonne amie,

Ton mari, qui espérait bien

Prendre un peu de distance.

A ce propos, j’ai ouï dire

Qu’entre vous, à la maison,

C’est plutôt chien et chats ;

A toi  les chats, à lui le chien ?

 

Et puis pour en finir

Feue ma grand-maman

Pour qui j’avais une pensée

A chaque fois que je te voyais ;

Oh, non pas que tu lui ressembles

Mais tu portes le même prénom, Gabrielle…

 

 

 

A

llez, va donc Gaby !

Jouer à la baballe,

Ailleurs que sur nos cours,

Bavarder, clabauder

Dans de lointaines cours

Taper d’autres Gégé

Pour des clés oubliées

Mais n’oublie pas qu’ici

On te trouvait géniale.

 

Enseigne où tu le veux,

Thalès et Pythagore,

Mais pense, au moins un peu,

Aux collègues d’alors

Et si l’envie te prend

De revoir nos têtes

Alors sincèrement

Nous te ferons la fête.

 

 

Si c’est loin où tu t’en vas

Si c’est loin où tu t’en vas

Auras-tu jamais le temps de revenir ?

 

3 juillet 2007

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