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H |
onnêtement, quand elle me mit,
Dans la confidence, dès décembre,
De sa demande de mutation,
Je me suis vraiment demandé
Si c’était du lard… ou du Cosson !
Aujourd’hui, son départ
N’est pas encore officiel
Mais bientôt, nous le savons,
Il deviendra réel.
Alors ce soir, tous ensemble,
Nous pouvons déchanter
Oui, Gaby, c’est fini !
Si le collège de Marigny,
Fût le théâtre de ses débuts,
Notre Villeneuve aura été,
Pendant ces douze années,
Son domaine de définitions.
Dommage, qu’il ne fût infini
Et que, dans nos murs, sa fonction
Ne fût point continue.
Franchise, bonne humeur, joie de vivre,
Une équation sans inconnue.
Jamais elle n’a semé la division,
Jamais, devant les responsabilités,
Elle n’a choisi la soustraction.
D’ailleurs, à soustraire
Elle a toujours préféré… distraire.
Gaby,
Toi qui n’aime que le beau
Que ne restes-tu ici ?
Ailleurs, espères-tu vraiment
Trouver d’autres Adonis ?
Un Chevalier, enfin servant,
Un jeune David, plus nouvelle vague ?
Ou bien encore, un Angelot
Qui te cuisine la pastenague ?
Oui, ne vous en déplaise,
Elle apprécie la laie,
Cet animal fétiche
Des pures ardennaises,
Mais déteste le laid.
Elle le trouve négatif.
N’a-t-elle pas toujours affirmé,
Qu’hideux égal moins un ?
Oui, ça vous laisse… perplexe…
On le serait à moins
Mais les nombres complexes
M’ont toujours inspiré.
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O |
n aimerait aujourd’hui
Appuyer sur reset,
Et refaire la partie.
Mais ni demain ni autre jour
Elle ne fera un autre set.
La spécialiste du smash
A joué sa balle de match.
Elle animera d’autres cours.
Adieu les p’tites sorties
Dans les studios d’enregistrement
Adieu les p’tites causeries
Ou les parties de french cancan
Fini la mère Gaby
Dans les couloirs des bâtiments.
Ca va pleurer dans les chaumières
De nos élèves et leurs parents
Hélas, il leur faudra s’y faire…
Mais cela ne date pas d’hier.
Le ver était là, dans le fruit ;
Et quand le fruit n’est plus vraiment vert
Il ne faut pas s’étonner qu’il tombe.
C’est peut-être de Marie Curie
Que se tramait, dans l’ombre,
Son éloignement de l’écurie ?
Ton départ, chère Gaby,
Fera des mécontents.
Tes collègues, qui, en récompense,
Vont perdre une bonne amie,
Ton mari, qui espérait bien
Prendre un peu de distance.
A ce propos, j’ai ouï dire
Qu’entre vous, à la maison,
C’est plutôt chien et chats ;
A toi les chats, à lui le chien ?
Et puis pour en finir
Feue ma grand-maman
Pour qui j’avais une pensée
A chaque fois que je te voyais ;
Oh, non pas que tu lui ressembles
Mais tu portes le même prénom, Gabrielle…
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A |
llez, va donc Gaby !
Jouer à la baballe,
Ailleurs que sur nos cours,
Bavarder, clabauder
Dans de lointaines cours
Taper d’autres Gégé
Pour des clés oubliées
Mais n’oublie pas qu’ici
On te trouvait géniale.
Enseigne où tu le veux,
Thalès et Pythagore,
Mais pense, au moins un peu,
Aux collègues d’alors
Et si l’envie te prend
De revoir nos têtes
Alors sincèrement
Nous te ferons la fête.
Si c’est loin où tu t’en vas
Si c’est loin où tu t’en vas
Auras-tu jamais le temps de revenir ?
3 juillet 2007