Le cas Binet

A Mme Binet, infirmière, pour son départ à la retraite

Maintenant, une petite devinette :

 

Quand la vie s’engourdit

Dans les brumes de novembre

Et que se meurt l’automne

On fête son prénom.

 

Quand avril refleurit,

Pour effacer décembre,

On honore la patronne

De sa belle profession.

 

Qui se cache derrière ses lunettes ?

 

Je n’aurais eu vacances tranquilles

Fusse à Maubeuge ou Camaret

Si je n’avais, Mme Subtil,

Parlé ce soir, de Madame Binet

 

C’est en janvier dernier,

Presque illico presto,

Sans même de préavis,

En 24 heures chrono,

Qu’elle fut affranchie

Du besoin de travailler

 

J’ai encore en mémoire

Une longue conversation

Qui ne date pas d’hier.

La dame me faisait part

De ses hésitations

Poursuivre sa carrière ?

 

Travailler plus pour gagner plus

Bien alléchante perspective !

Pour quelques annuités de plus

Elle pourrait bien rester active.

 

Mais comment cette femme rompue pourtant

Aux grandes campagnes de prévention

D’informations, vaccination

A-t-elle bien pu, rien qu’un instant,

Naïvement imaginer

Etre à l’abri d’une M.S.T ?

 

 

 

Je sais, on ne dit plus M.S.T

Aujourd’hui on parle d’I.S.T

Interruption subite de travail

Vous parlez d’une trouvaille !

 

Alors, adieu tranches de foie de veau

Petits cadeaux, folles emplettes ?

La pension sera-t-elle complète

En s’arrêtant juste quand il faut ?

Ou bien devra-t-elle recompter

Pour faire le point des annuités ?

 

Mille neuf cent soixante neuf,

Début de sa carrière.

Catherine entre en scène

Comme infirmière stagiaire

A Romilly sur Seine,

 

Arrive quatre vingt un

Le peuple est dans la rue

La gauche se met en place

Sa carrière évolue

Elle s’installe à la DDASS

Fin de l’acte I !

 

En mille neuf cent quatre vingt deux

Le rideau tombe sur l’acte II.

On perd sa trace dans les archives.

Ce sont des choses qui arrivent ;

Une secrétaire qu’a un malaise…

Un incendie, une parenthèse…

 

Dès le début de l’acte III

En mille neuf cent quatre vingt cinq,

Elle est affectée à l’E.N

C’est le début d’la passe de trois :

IA, Langevin, et Saint André.

Ainsi passerons les années

Précisément, juste vingt cinq !

Mais on ne compte pas, quand on aime !

 

 

 

Combien de sirops, combien de bobos ?

Combien de pesés, combien de toisés ?

Ne lui en demandez pas trop

Elle n’a jamais vraiment compté.

 

 

 

Même si son compte n’est pas réglé

Elle a retrouvé son petit Bichet.

Peut-être ne le sait-elle même pas

C’est le surnom que l’on donnait

Dans les coulisses d’un internat

A celui qu’elle a épousé.

 

Après qu’il eût quitté sa Poste,

Celui qui nous a tant fait rire,

Dans la grisaille de la pension,

A attendu près de deux ans

Dans son jardin, devant son poste

Que madame rentre à la maison

 

 

Madame Binet,

 

Nous avons apprécié

Votre dévouement, vos compétences

Votre engagement pour la jeunesse

 

Nous allons regretter

Votre disponibilité, votre confiance

Votre simplicité, votre noblesse

 

 

Profitez bien de cette retraite

 

le 29 juin 2010

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