|
N |
otre prochain rideau
Va se baisser sans elle ;
L’archange Saint-Michel
Va replier ses ailes ;
C’est son dernier tableau.
Déjà au départ en retraite
De sa très chère mère Fouras
L’idée lui trottait dans la tête
Le projet était presque mûr.
Son bureau jonché de paperasses
Passeport pour un autre futur.
Demain, l’animatrice fétiche,
La star du complexe sportif
Va, hélas, quitter Fort Bianchi.
Mais franchement, qu’est-ce qui lui a pris ?
Sur les plateaux de la cantine
Circulent les rumeurs les plus folles !
Chacun y va de sa comptine.
On cause dans les murs de l’école !
A trop côtoyer la marmaille,
Les nains fidèles de la mère poule,
Passe Partout, Passe Temps, Passe Muraille,
Auraient-ils donc perdu la boule ?
Les gaillards auraient-ils manqué
Envers elle, qui leur tendit son cœur,
Les adopta, sans calculer,
Elle, qui serait presque leur sœur !
Aurait-elle croisé quelques vipères
Dans les couloirs de la Villeneuve ?
Aperçu dame Panthère
Ou avalé trop de couleuvres ?
Peut-être a-t-elle juste oublié
Que pour faire quarante annuités
Il lui manque bien … 150 mois !
Chez Sylvie, les mathématiques
C’est pas vraiment automatique.
Et puis, qu’elle se trompe, vous savez
Ce n’serait pas la première fois
|
D |
ans la famille écervelée,
Notre Sylvie est hors concours,
Gaston Lagaffe et Bécassine.
Tenez ! Demandez aux Germain,
Ses chers parents Jean et Jeannine,
Comment la mob qu’ils lui offrirent
A Dijon, pour se rendre à ses cours,
Se retrouva, dès le lendemain,
Au rayon des pièces détachées…..
Ou bien encore, par quelle absence
Faillit-elle rater sa licence !
Mais attendez, il y a pire.
Dans la gendarmerie de Bar,
Près du Collège Paul Portier,
Aujourd’hui encore on se marre !
C’est le best-off du bêtisier.
Porter plainte pour un vol d’auto
Quand on se déplace à vélo …..
Cher public bien aimé
Et si j’avais écrit,
Il y a quelques années
Que de fil en aiguille
Viendraient d’autres envies,
Qu’elle nous planterait là,
Franchement l’eusses-tu cru ?
Si je t’avais dit d’elle
Sans m’attirer les foudres
Dans les vestiaires des filles,
Qu’un jour la mère Michel,
Pour ne plus en découdre
Abandonnerait son chas,
Franchement, l’eusses-tu cru ?
Grâce au chas d’une aiguille,
C’est vingt et un spectacles,
C’est mille et une guenilles
Transformées en costumes,
Justaucorps, chapeaux claques,
Paillettes, strass ou plumes.
Ses premières mises en scène
C’était à Bar-sur-Seine.
Sur la piste, en coulisse
Et au poste de Police.
Rappelez-vous, le vélo
Transformé en auto !
|
A |
rriva Saint-André
L’espace Gérard Philippe.
Corps et rythmes endiablés,
Aux portes du Zénith …..
« D’ICI DANSE Michel Sylvie »
Non, ce n’est pas une épitaphe
Ni pour finir mon paragraphe
C’est juste le nom de sa compagnie
D’ICI DANSE, nom qui résonne
Comme une… provocation !
Faut donc pas qu’on s’étonne
De cette soudaine désertion.
Sylvie, c’est la femme des défis
Des engagements, de déraison.
Mais d’où jaillit cette énergie
Qu’elle investit dans ses passions ?
La première de ses raisons,
Evidemment c’est la famille,
Celle de son frère et ses parents,
Mais surtout les quatre enfants,
Un garçon et puis trois filles,
Fruits d’un amour achevé,
Qui auront rythmé sa vie.
Marathonienne et triathlète,
Ce p’tit bout de femme n’a peur de rien,
Surtout pas du Mont Blanc
Et ses quatre mille huit cent sept mètres.
La gymnastique de haut niveau,
Le ski, la nage et le vélo,
Tour du Morvan et Troyes-Bayonne.
Cette fille en a …….. des moltogommes !
Peut-être la loi de l’héritage.
Voyez ses parents, les Germain,
Plus de quatre-vingts ans d’âge
Et toujours le même entrain
Faut les voir, aujourd’hui, marcher
Sur les sentiers de randonnées.
Le sport et ses valeurs
Elle voulut les transmettre
En devenant professeur.
Ce fut un choix de maître !
Nevers-Dijon en 404
Une mob bien vite à l’abandon
Sylvie fera quatre ans de STAPS.
Quatre vingt deux, le grand plongeon
Mariage et le Collège de Bar.
Elle est souvent source de méprise :
« Et toi là-bas, donne ton carnet ! »
On va la prendre pour un moutard.
Elle y essuie des quolibets,
Mais rien ne la démoralise.
Et puis c’est la Villeneuve
En quatre vingt quatorze.
Projets, idées neuves.
Arrive l’ère des quatorze.
Quatorze ans prolifiques.
Un quintette qui détonne
Lucky Luke, les Dalton,
Des finales nationales
Istres, Créteil et Reims
Souvenirs impérissables.
C’est le sacre du prince.
La fidèle Anne-Marie
Gérant la paperasserie,
C’est le duo féérique
Avec Miss Sabrina
D’entre toutes la Mieur.
Le sport lui a beaucoup donné
Et même jusqu’à l’inattendu ;
Un p’tit coup de pouce du destin,
En l’an de grâce 2002.
Une soirée avec des copains
Et l’père Fouras est apparu,
Fouras le fou furieux,
Fouras le bien nommé.
Certains invitent à boire un verre,
Offrent un resto ou un dessert ….
Lui, il propose des kilomètres !
Original, il faut l’admettre ;
Et puis …… résultat garanti !
Un, deux footings, Sylvie transpire,
Et trois et quatre, Sylvie chavire,
Cinq et six, commencent les délires,
Semi et marathon d’ Paris,
Puis l’engrenage, d’autres défis,
C’est la période des raids vélo,
De ceux que j’évoquais plus tôt.
Eh oui ! Ça c’est l’amour du sport
Ou peut-être le sport de l’amour ….
Et maintenant que va-t-elle faire
De tout ce temps que sera sa vie ?
Un petit break pour commencer
Lui permettra de méditer
Sur l’essentiel, qui suis-je, où vais-je ?
Ses regrets, ses envies, ses rêves …
En forêt de Pannecière,
Déambulant sur les chemins,
Elle pourra oublier hier
Et préparer demain.
S’occuper des enfants ;
Jardinage, bricolage
Au 36 de la rue Turenne ;
Tisanes et confitures
Un p’tit peu de chapardage,
La tentation est humaine,
Bref, surtout prendre son temps
Et profiter de la nature…
Entre Troyes et son Morvan
Elle oubliera tous les morveux
Mais pas la pédagogie.
Elle y r’viendra régulièrement
Pour apporter son savoir-faire
A des gymnastes, volontaires,
Jeunes ou moins jeunes, papys, mamies
Qui ne veulent pas devenir vieux.
Et puis peut-être l’apothéose
Sur un projet humanitaire.
Reste à définir la cause
Mais là, elle a de quoi faire !
Sylvie, te laisser partir
Sans même un au revoir
Etait juste impensable.
Tes amis ici ce soir
Ont tenu à te le dire.
décembre 2008