Kénavo, JP !

A Jean Pierre Beaucousin, professeur de technologie, pour son départ en retraite

 

 F

ermé pour cause de cessation définitive d’activité ».

Nous ne placarderons pas cet avis

Sur la porte du bâtiment J,

D’une part, parce qu’un nouveau locataire

Reprendra le fond de commerce, en septembre,

D’autre part, l’expression n’est pas des mieux adaptées.

Je verrais plutôt «A céder cause changement d’activité »

Même s’il a fait valoir ses droits à la retraite,

Jean-Pierre restera actif… le plus longtemps possible !

 

C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

Ce proverbe a pour lui une réelle signification.

 

Au tout commencement,

Il est instituteur remplaçant.

Il n’eut, côté pratique,

Pas meilleure formation !

Quatrièmes puis troisièmes pratiques…

Un belluaire dans la fosse aux lions !

 

Assurément,

Telle entrée en matière

Vous forge un caractère !

Vendeuvre, Pithou, Camus,

Ervy, la tournée des bahuts !

 

Il devient titulaire.

D’un stage long, à Douai,

Il ne sortira pas surdoué

Mais, assurément, mieux armé

Pour la toute nouvelle E.M.T

 

Nous sommes en quatre-vingts,

Il est PEGC,

Arrive à Saint André.

Bye-bye les classes pratiques,

Bonjour C.P.P.N.

Mais l’homme est au parfum,

Il les tiendra sans peine.

Il coud, scie et rabote,

Repasse, cuisine, tricote 

Bref, c’est poly… techniques !

 

 

L

’investissement professionnel

De notre ami Jean-Pierre

N’est pas à démontrer.

On sait, son forum des métiers,

L’option professionnelle,

Les arts du feu, en atelier.

Ou la puissance du verre

C’est le devant de sa scène,

Mais ici, sur cette piste,

Qui connaît ses coulisses ?

 

En l’an quatre-vingt sept,

Il devient adhérent,

Le chargé de mission,

Et le correspondant

De l’Association Française

Pour le Développement

De l’Enseignement Technique,

Se lance dans l’aventure

Relation- Ecole-Entreprise.

Il ne pense qu’ouverture

Et organisation,

« Bravo les artisans »

Ou encore « Troyes Fortech ».

 

Notre membre de l’AFDET

Devient alors adepte

De la pensée ouvrière

Et du compagnonnage.

Ils sont mille et huit cents

Dans trente cinq vitrines.

Ils, sont les ustensiles

Du musée de l’outil.

 

Thème par thème,

Jean-Pierre

En dévoile les mystères

Et vous en dit l’usage.

Spatules et herminettes,

Pied de biche et rainette,

L’outil inspiré de l’animal.

Pas si bête et … original.

Et si vous êtes bien sage,

Il vous dit un poème,

La grève des forgerons,

C’est du François Coppée.

Attention ! Pas de confusion.

J’ai dit François Coppée

 

 

V

ous raconterai-je aussi

Notre beau tour de France ?

C’était en l’an 9-2

Jean-Pierre, Joël et moi

Partîmes tous les trois

Gagner notre Biophytec.

Nous débarquâmes à Sète,

Strasbourg, Limoges et Caen.

C’était la grande rénovation,

Fallait faire preuve d’innovation.

Nous mîmes beaucoup d’ardeur

Dans notre échosondeur.

Hélas, comme souvent, les finances

Eurent finalement raison

De notre belle persévérance.

 

Qu’est devenu notre mémoire ?

C’est un mystère …

Dans quel tiroir de quel placard 

Du ministère ?

Peut-être aura-t-il inspiré

Nos biens beaux, mais feus, I.D.D…

 

L’amoureux des gens et des pierres,

Des gens qui sentent le terroir,

N’a pas le cœur de pierre

Que d’aucuns se plaisent à croire.

Au sommet de la Vache,

Au pays de Vulcain,

N’avait rien d’une peau de vache !

Je l’ai vu consoler,

Aider et plaisanter

Je l’ai vu… paternel !

Oui, entre terre et ciel,

Cet homme est bien humain !

 

Son départ aujourd’hui

N’est qu’une nouvelle station

Sur son chemin de Groix.

Le Robinson Dryat

Qu’il a été, hier,

Hante à nouveau ses nuits.

Il délaisse l’île germaine

Pour un caillou de choix,

Pour l’île de la sorcière

Et  sa pointe des chats.

 

 

C

e morceau de Bretagne

A deux brasses de Lorient.

Est sa nouvelle passion.

Son île, il l’aime tant

Qu’il veut la partager.

Nul besoin d’insister

Pour qu’il vous y emmène

 

Alors Jean-Pierre, bon vent

Part habiter ton île

Protège des estivants

Les animaux du sable,

Vis-y en autarcie

Et si tu t’y ennuies

Elève donc des lapins !

Tu profiteras ainsi

Du développement du râble.

 

Kenavo !

 

 

le 03 juillet 2007

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