Ich bin ein Baralbiner !

A Monsieur Didier, Principal du Collège, pour son départ en retraite.

Mr Didier est citoyen de Bar sur Aube,

La ville où  Gaston Bachelard est né et fût professeur de sciences et de philosophie

 

C

 

eci étant précisé,

Je dois vous confesser

Un secret personnel :

Ich bin ein Baralbiner !

 

Alors que le jeune Didier

Enfant du baby boom

Se posait, avant l’heure,

Les questions essentielles :

Ich frage mich : warum ? “

Naissait un jour de Saint Bernard

Dans le petit hôpital de Bar

Celui qui maintenant

Essaie de vous distraire

Et, soit dit en rimant,

Ferait mieux de se taire

Que de casser les pieds

Avec ses mots … passants !

 

 

D

 

ans le très vieux lycée

L’avenir du jeune Didier

Fut bientôt l’objet d’un dilemme :

Sera-t-il Bachelard ou Bachelor ?

Aimait-il assez la physique

Pour faire comme le brillant Gaston

Avait-il vraiment le physique

Pour jouer le rôle du second ?

«  Mein Sohn… Passe ton bac d’abord ! »

Alors, il devint bachelier.

 

Pourquoi a-t-il choisi l’allemand ?

Ce sous Fertois nommé désir

Voulait-il faire plaisir

A ses propres parents

Ou rendre à son patronyme

Le sens de sa probable origine ?

 

Lui, possible issu de germains

N’a lors pour la langue teutonique

Qu’un rapport qui frise le dédain.

Il suffit d’un correspondant

Pour que se produise le déclic.

Il sera prof d’Allemand !

 

Oui, le destin est un jeu

D’amour et de hasard.

Il suffisait de peu

Pour que j’me taise ce soir !

 

 

M

 

uni de son CAPES,

Et, tôt, débarrassé

Du service militaire,

Son occupation allemande

Va pouvoir commencer.

Il mène la vie de château

Au collège de Brienne.

Notre prof d’allemand

Des années Righettiennes

Sera même volontaire

Pour un voyage … Poignant !

Où ça ? … En Angleterre !

Puis un jour, le cadeau,

On l’éloigne de l’asile

Et le nomme dans sa ville

Le beau Bar de sa jeunesse.

 

Pendant des années, il questionne :

„Wer reitet so spät durch nacht und wind ?

Pendant des années, il décline :

Die – der – der – die ; der – des – dem – den

Brutalement, il démissionne.

Pour quelle raison soudaine ?

Eût-il peur des lendemains,

Qu’à trop décliner, il décline ?

Fût-il atteint de lassitude,

A court de poétiques questions ?

Gavé de l’éternel refrain :

„ Es ist der vater mit seinem Kind ! „

Non. Juste de nouvelles ambitions

Affichées sur  liste d’aptitude.

 

 

I

 

l devient Principal

Et livre dans la Marne

Ses premières batailles :

Fismes, Vitry le François puis Reims,

Collège Robert Schuman.

Le Schumann à deux «  n « 

Où le Schuman à un «  n « ?

Le Robert germanique

Où notre homme politique ?

Pour l’ex-prof d’Allemand

L’énigme est capitale.

 

Point de compositeur…

Dommage, mais peu importe 

Il y mettra du cœur,

Si bien, qu’il gardera

De ses années marnaises

Une pointe de nostalgie…

Combien de fois, ici,

Parla-t-il de la sorte

« Quand j’étais à Reims … »

 

Puis un jour s’offre à lui l’opportunité

De retourner sur ses terres :

Il devient Proviseur

De la cité scolaire

Dans sa bonne ville de Bar.

S’il ne fut pas Bachelard …

Il y huma son air.

La boucle était bouclée.

 

Eh bien non ! Pas encore …

Il lui manquait … Bachelor

L’aura-t-il rencontré

Ici, à Saint André ?

La question est posée.

 

 

M

 

onsieur Didier,

Pendant six années

Vous avez, avec nous,

Oeuvré pour vos doudous

Et puis encouragé

Quelques initiatives.

Des projets artistiques

Ou encore culturels

Et les sections sportives

Auront été, je crois,

Les actes essentiels

De votre sexennat.

 

Dans quelques semaines

Vous irez en  retraite ;

Rejoindrez la Croisette

Au pied de Sainte Germaine.

 

Vous avez  encore l’âge

Et du temps désormais,

Pour faire du bricolage

Et cultiver vos roses

Dans un coin du jardin.

Et, avant qu’elles n’éclosent,

Atteint de nostalgie,

Vous leur susurrerez

Dans cette langue adoptée

Les vers tant ressassés

Quand vous étiez gamin :

Röslein, Röslein, Röslein rot

Röslein auf der Heiden …

juin 2006

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