A nos étoiles fuyantes

A Nadine et Claudine, professeurs de lettres et d'anglais, pour leur départ en retraite

 

E

h oui !

Celui qui vous jurait,

Peut-être un peu trop tôt,

Qu’on ne l’y reprendrait…

A repris son stylo !

 

Pour un petit clin d’œil

A nos deux stars du jour

Dont on doit faire le deuil,

Puisqu’elles partent… pour toujours…

 

Claudine,

Laissera en septembre

Maitrot partir sans elle.

 

Nadine,

Profitera sans attendre

D’être devenue doyenne.

 

Pour un dernier salut,

L’héritière de Rabelais,

Hugo,  Voltaire ou Gide

Et la fan de Shakespeare,

Pouvaient-elles trouver pire,

Qu’un type qui ne connaît

Que les hommages rendus

En français d’javanaise…

Et sa Champagne humide

Pour unique terre en glaise ?

 

Nous perdons aujourd’hui

Deux collègues formidables :

Diserte ou éffacée,

Sûre d’elle ou réservée,

A l’écoute, très serviables

Et respectueuses d’autrui.

 

Finalement… retraitée…

N’est-ce donc pas, aujourd’hui,

Un bel exemple vivant

De développement durable ?

 

Avec un bon traitement

Des parties recyclables,

Ne redonne-t-on pas vie

A de vieilles piles usées ?

 

Oui, enseigner ça use…

Et pas que les souliers !

La classe, c’est loin de Syracuse

Et des amours d’Alphée;

La classe, ce n’est pas la Bavière

Et ses châteaux de fées.

 

Parfois, le job de professeur

Relève bien plus du gladiateur,

Dans les arènes d’la Rome antique,

Que du capitaine de croisière,

Sur les eaux du Rhin romantique.

 

A enseigner aux ânes

On peut finir baudet !

Voir Nadine qui ahane,

Le soir après cinq heures

Ou dès potron-minet,

Sous le poids des classeurs

Qu’elle adore corriger…

La preuve en est donnée !

 

Ces vacances prolongées

Elles les ont méritées.

Et maintenant, que vont-elles faire

De tout ce temps que sera leur vie ?

 

Claudine,

Attendra sans s’en faire

Que le dernier Maitrot

Revienne à l’entrepôt.

 

Elle pourra avec Dom

Penser à l’avenir,

Ranger le métronome

Au rayon des souvenirs.

 

Leur vie sera rythmée

Par le ping et le pong

Mais leur tenue d’journée

Polo, tee-short et tongs.

 

Nadine,

Retrouvera Gérardmer

Et ses vallées en auge.

Si dans son pied-à-terre

Lui viennent quelques cauchemars

Des balades dans Colmar

Et le sirop des Vosges

Calmeront son cafard.

 

Sur ce beau territoire

Elle troquera pour toujours

Tous ses cahiers du jour

Pour ses livres du soir.

 

Comme dans la vie des sages,

Le livre est sa passion.

C’est sans modération

Qu’elle s’enivre de ses pages

 

Dans les forêts vosgiennes,

A l’abri des regards,

Elle fera sans doute sienne

Cette phrase de Jules renard :

« Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire,

J’ai la certitude d’être toujours heureux ».

 

29 juin 2009

 

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