A un ange...

A Anne-Marie, professeur de sport, disparue... bien trop tôt...

 

 

C

ertes, c’est un peu prématuré

Puisqu’elle ne sera libérée,

Effectivement, que dans trois mois ;

Mais pourquoi faudrait-il attendre

Les derniers jours de septembre

Pour l’honorer, comme il se doit ?

 

Si, côté jardin, Jean-François

Qui  lui donna sa « vie de man »

Et ses enfants, Paul et Benoît,

Sont les acteurs de sa vie de femme,

Côté cour, c’est La Villeneuve,

Là où de jeunes fauves se meuvent,

La scène, le décor essentiel

De sa vie professionnelle.

 

Avec nous à Saint André

Elle a tant partagé.

Les hauts et les bas

Idéaux et grands débats.

Tracé le patron de l’élève modèle, en vain

Rêvé le modèle du parfait patron, sans fin…

 

Des lieux qui ont compté

Dans la vie d’Anne-Marie

J’ai dressé l’inventaire.

Il y a d’abord Châlons

La ville où elle est née,

La ville des premiers mots

Et douces rêveries

Elle joue avec le Mau,

Y fait ses premiers bonds

C’était à l’ère primaire.

 

Arrive l’ère secondaire.

C’est l’époque savinienne,

Anté-IUFM.

L’école était normale

Mais le régime sévère,

Les méthodes radicales.

Il fallait être hardie

Pour ne pas faire son lit.

L’intendante y veillait.

Ses deux commandements ?

Ménage et rangement.

Tout le monde s’y mettait,

Même la prof d’histoire… Siret !

 

J’ai cru entendre Hardy…

C’est un nom qu’on connaît ?

 

 

E

t puis c’est l’ère tertiaire,

Epoque phénoménale.

Elle soulève les montagnes

C’est Anne-Marie de champagne !

Elle débute sa carrière

Et son implication

Dans la fédération,

Française, de Hand Ball.

 

Oui, notre prof de gym

Fût une grande sportive.

C’était en soixante treize,

Les années gloire du TOS.

A force de régime

Et de luttes intensives,

Au bout de l’espérance,

Les filles roulent carrosse.

On joue la Marseillaise,

Elles sont reines de France…

 

C’est tout Marie de Champagne

Qui en tire bénéfice

Car les filles d’Anne-Marie

Deviendront en Allemagne

Les vice-championnes d’Europe !

C’est le feu d’artifice,

Cerise sur le gâteau

Que mademoiselle Hugot,

En patronne avertie,

Avait reconstitué

En douce, miette après miette,

Assiette après assiette

C’était une autre époque…

 

Le sport est source de bonheur

Surtout quand il touche le cœur.

 

Il était jeune, il était beau.

Il sentait bon le p’tit vin chaud.

Ce n’était  pas le moniteur,

Tout juste un honnête skieur.

 

 

 

 

 

C’était écrit ; c’était un signe

Tracé dans les neiges de Tignes.

S’aimer était leur destinée.

Il a  fallu juste Lédé.

J’aurais du dire Monsieur Lédé,

Du club plein air EN garçons.

De leur rencontre et leur union

Ce gentil organisateur

Aura été … l’entremetteur.

 

En refusant d’être châtelaine

Dans le village de Marigny

Elle obtient poste à Saint André.

Le château est préfabriqué

Et dans la cour, erre le Gibier.

Puis elle inaugure La Villeneuve

Où elle retrouve Madame Hardy,

La dame rangement … et bas de laine.

 

Perfectionniste, organisée,

Elle déteste les imprévus.

C’est l’anti-Serge au féminin.

Courageuse, franche, sans vanité,

Le cœur toujours sur la main.

C’est l’antithèse du m’as-tu vu.

 

Pour Sylvie, c’est la grande sœur.

Elle se transforme en régisseur,

Gère ses finances et ses paperasses.

Elle sera de tous ses galas,

Créteil, Istres, théâtres de Troyes.

Elle devient même la « mère Fourrasse »

Dans le p’tit fort de l’ex-Gaillard

Près du lac Pannessière-Chaumard.

 

 

Secrétariat d’A.S,

Journées UNSS,

Avec ou sans micro,

Elle prend tous les chapeaux.

 

Activités plein-air

Fontainebleau, lac du Der

L’Auvergne à Clair-Matin.

Elle prend tous les chemins.

 

 

 

 

 

A

vec Monique puis Anne-Sophie

Avec Jean-Pierre ou bien Jean-Louis

Combien de cents de collégiens,

As-tu, chère Anne-Marie,

Accompagnés sur nos volcans ?

Du puy d’la Vache à Louchadière

Du lac d’Aydat au lac Pavin,

Tu as joué à l’infirmière

Et parfois même… à la maman.

 

 

Ah ! La soupe de madame Mollard

Dégustée dans le brouhaha

Avec, devant nos yeux,

Affichée au placard,

La photo Debaisieux

D’un papy auvergnat.

 

 

Ah ! Les p’tits cafés noirs

Sur la place d’Orcival

Lors que la pauv’ Michèle

Montrait l’église du Val

Et sa belle vierge noire

A nos élèves modèles…

 

Anne-Marie,

Quand nous parlâmes cadeau

Tu pensas météo

Alors je me suis dit

« Soyons original »

J’ai plongé dans la mare.

J’ai failli y rester

Tellement l’eau est polluée,

Mais c’est une autre histoire…

Elle est là, dans le bocal…

 

Espérons qu’elle résiste

Aux changements climatiques,

Qu’elle ne soit lunatique

Ou encore fantaisiste.

 

Tout le monde, Anne Marie

Te fait des gros bisous

Et pense très fort à toi.

 

Et n’oublie pas surtout

De télécharger  tes prévisions

Afin que nos sorties

Se fassent dans de bonnes conditions.

 

juin 2007

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