A Marie-Jo

A Marie-Joseph, professeur d'histoire-géographie, pour son départ en rfetraite

 

E

lle qui, hier, n’aurait pas aimé être traitée

Appréciera-t-elle demain, d’être retraitée ?

Oui, là dessus je vous rassure,

Elle adorera, j’en suis sûr.

 

Elle va, pour ces petits enfants,

Evie, 5 ans, Juliette, 2 ans

Jouer la mamie à plein temps.

 

Elle n’aura pas beaucoup de mal

A leur conter de belles histoires.

Peut-être même que Marie-Jo,

Quand elles seront en âge

D’étudier au collège,

Deviendra leur mamie géo

Afin d’assurer la relève.

Ne devient-on, dans sa famille,

Des profs d’histoire de mère en fille ?

 

Vous raconter Marie-Joëlle

Et son histoire professionnelle

Ce ne fut pas une mince affaire.

On connaît sa simplicité

Sa gentillesse, sa ténacité

Mais sur sa vie, elle est discrète.

Je dirais même qu’elle est secrète.

Oui, elle a joué avec mes nerfs…

 

Ne pouvant lui tirer les vers

J’ai du jouer à l’historien,

Consulter archives et anciens.

Hormis les documents de l’histoire

Je n’ai de sa préhistoire

Débrouillé aucun  mystère.

 

Nous sommes en quatre-vingt un

Mitterrand est au pouvoir,

Chirac au désespoir

Et Giscard  face à son destin.

C’est parti pour le TGV

Et le monde ne sait pas encore

Qu’El Sadate sera assassiné.

Marie-Jo arrive au vieux port.

 

Non, pas de Canebière

Ni de Dame de la Garde

Tout juste une bière de garde.

Vitry, capitale du Perthois

La ville étoile du père François,

Carrefour fluvial et ferroviaire.

 

Mille neuf cent quatre-vingt deux

Les Champs Elysées de Drucker,

Toute la France passe aux trente neuf heures

C’est la loi Gaston Deferre

Alors ministre de l’intérieur.

C’est la décentralisation.

Marie-Jo est décentralisée,

C’est la titularisation.

 

Mille neuf cent quatre-vingt trois.

C’est la retraite à soixante ans.

Après Brienne le Château,

Où elle aurait eu, paraît-il,

Un bon appart’ en ville,

Marie-Jo est à Lusigny.

Fussent pour elle les années bénies ?

Elle y restera treize ans

 

Mille neuf quatre-vingt seize.

Mitterrand est entré à Jarnac

Jospin dans les pattes de Chirac

Plus de viande d’origine anglaise,

C’est l’embargo sur la vache folle.

Marie-Jo vient à Saint André

Porter la bonne parole.

La suite, vous la connaissez.

 

 

A

h !  Ma chère Marie-Jo

Que de paroles pour rien

Echangées dans l’labo,

A parler sur les uns,

Sans oublier les autres,

Du lundi de Pentecôte

Ou la baisse du niveau.

Mais ça faisait du bien.

C’est l’effet placébo.

 

Peut-être du lamentable

Sommes-nous tous responsables ?

Moi même je m’interroge

Sur mon discours et ma méthode

 

A trop leur expliquer

Qu’il faut manger le matin

Pour être en bonne santé

Et bien, j’ai tout gagné,

Ils dorment dans mes cours !

 

Ils appliquent à la lettre

Le principe simple et bête

Du proverbe « qui dort dîne »

 

Paraît qu’on n’fait pas mieux

Du côté d’Saint Malo.

Là-bas, les p’tits morveux

Ne cessent  de manger !

Que font les profs d’histoire géo

Pour ainsi laisser croire

Que ce n’est qu’en Dinan

Qu’on gagne des dinars ?

 

Marie-Jo, je te le demande

Raconter des histoires

Sur fond de tapisserie

Quand on n’est pas normande,

N’est-ce pas d’la poudre aux yeux ?

Car, se croyant le soir,

Faut pas s’étonner qu’ils baillent, eux !

 

Marie-Jo, maintenant

Dors sur tes deux oreilles,

Oublie problèmes de réveil

Et autres mots bidon

Des carnets de liaison.

Oublie les « nique ta mère »

Les « LOL » ou « MDR »,

Ces œuvres littéraires

Qui fleurissent journellement

Dans les cahiers de leçons.

 

Marie-Jo,

Veille sur ta famille,

Bichonne tes petites filles ;

Eclaire-les sur le monde

Et sur ses bêtes immondes

Voyage, visite et lis

Et s’il te vient un peu de nostalgie

Repasse donc au labo

Nous dire quelques bons mots !

 

 

 

3 juillet 2007

Vous êtes le 

ème visiteur

Vous voulez : 


1. Faire un commentaire ?

 

  Cliquez sur le livre d'or

2. M'adresser un message ?


Cliquez sur l'encrier