C |
Se languissant de toi
Que tu les aimes encore
Mais ne seras plus là
Saurai-je coasser,
Même un peu, juste assez
Pour apprendre aux têtards,
Sans qu’ils deviennent amers,
Qu’à l’inverse de leurs mères
T’en feras pas des stars ?
A l’heure de la vingtième
Comment vais-je justifier
Auprès de mes sixièmes
Que mon cours va cesser
Faute d’avoir continué
Notre œuvre inachevée ?
Comment vais-je annoncer
A tous nos beaux volcans,
Ténusset, Lassolas,
Que tu as préféré,
Peut-être de guerre lasse,
Abandonner le clan ?
Et que dira Vulcain
Du fond de ses puys verts ?
Il se pourrait qu’il gronde,
Nous mène une vie d’enfer
Si on arrive en juin
Sans notre déesse blonde.
Devrai-je sacrifier
Moi, le dormeur du val,
Terrasse et café noir
Sur la place d’Orcival
Pour m’en aller veiller
Sur la Madone noire ?
Saurai-je aussi bien faire,
Un peu, passionnément,
Avec le même verbe,
Avec le même allant,
Aimer les matricaires
Aux botanistes en herbe ?
Que vais-je dire à Christine,
Plongée dans les tourments
Par le départ des filles ?
Que des princes trop charmants
Les ont muées en gerbilles
En leur chantant comptines ?
Comment vais-je consoler
Ce triste et vieux squelette
Qui, reclus dans son coin,
Ne sait plus que pleurer ?
Vois-tu sa mine défaite
Et son immense chagrin ?
Va donc, belle Anne-Sophie,
Enseigner la pierre ponce
Le foie ou l’hypophyse.
A Chrestien, comme ici,
Aux questions sans réponses
Tu n’ seras plus soumise.
Nous te regretterons,
Peut-être te maudirons,
Mais garderons toujours
Ici, de ton séjour,
Les plus beaux souvenirs.
Penses-tu Y revenir ?